Compoix de Saint Martial - Pradal
Le 22 septembre 1656, Joachim de Sauverzac, sieur du Chambon, bailli de la juridiction de la Combe du Pradal, réunit dans sa maison du Chambon Barthélémy Bertrand et Pierre Bois, consul l'année courante du mandement et juridiction de la Combe du Pradal. Ceux-ci exposent que cinq jours auparavant, les habitant de la Combe se sont réunis et ont décidé, après délibération, de faire procéder à la faction d'un nouveau compoix. Maitre Bernard Besson, notaire royal et greffier du mandement est chargé d'écrire et d'expédier les lettres exécutoires pour convoquer les habitants au lieu de la Maisonneuve, lieu habituel des assises de la communauté.
Le jeudi 12 octobre à l'heure de midi, les habitants sont donc réunis pour procéder à la nomination d'arpenteur et prud'homme afin d'estimer les propriétés de chacun. Maître Louis André, notaire au Monastier, est choisi pour sa compétence et son habitude de rédiger des compoix. Les consuls sont donc chargés d'aller le rencontrer au Monastier.
Le lundi 30 octobre, lors d'une autre assemblée d'habitants, Bertrand et Bois, consuls, annoncent qu'ils ont traité verbalement avec le notaire André et négocié la faction du nouveau compoix pour la somme de six cents livres tournoi. Cette transaction est validée par l'assemblée d'habitants et Joachim de Sauverzac.
Le 27 novembre, le notaire Louis André se charge de faire suivre, arpenter et estimer par deux experts tous les fonds et propriétés du mandement selon une table de qualité et degré des fonds. La somme de six cents livres sera payable un tiers à la prochaine imposition de taille, un tiers après, et un tiers un an après.
Le samedi 7 décembre, le notaire Louis André prête serment et déclare qu'il va travailler avec Laurent Figon, notaire royal du lieu de Lantriac et Michel Chappus du Monastier. Joachim de Sauverzac, bailli et commissaire valide, après consultation des habitant le choix des arpenteurs et prudhommes qui prêtent serment à leur tour. La table des degrés, qualités et taux des fonds est également validée ce jour-là. Les fonds seront mesurés avec un arpent tirant six pieds de Roy.
Le mardi 6 novembre 1657, en présence des nouveaux consuls, Pierre Chare, fils à feu Jean et Antoine Crouzon dit Labrune, le compoix est signé par Louis André, prixfacteur, Laurent Figon et Michel Chappus, arpenteur et prud'homme. La lecture en sera faite, village par village, lieu par lieu afin que chacun entende le dénombrement de ses possessions et corrige les erreurs si nécessaire.
Le 12 novembre 1657, après lectures et corrections, les habitants, en assemblée, déclarent être contents et satisfaits et demande que l'estime soit rédigée en forme de cadastre dans un livre pour être ensuite envoyé à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier.
Le lundi 31 décembre, après avoir inséré le verbal en tête, le compoix écrit par le notaire Bernard Besson est expédié.
Le 12 juin 1658, le Compoix du Pradal est homologué et autorisé par la Cour de Montpellier.
Le Compoix se présente sous la forme d'un registre de 186 folios : un répertoire de 4 pages, un verbal de 17 pages, un cahier des fonds nobles de 1 page et un cahier des fonds roturiers de 164 pages.
Nous avons la chance que le verbal ait été conservé en en-tête du compoix. Il décrit précisément la succession des procédures et des actions. Il est malheureusement très mal écrit avec une encre qui a traversé le papier. La lecture n'est pas aisée.
Par contre, bien que copiés par 4 scripteurs différents, les cahiers des fonds sont très bien écrits.
La liste les propriétaires est présentée comme dans le compoix, hameau par hameau. Les noms de lieu ont été retranscris littéralement puis corrigés avec l'aide d'habitants de Saint-Martial (Un grand merci à Gérard Aubert des Chazots). Il reste malheureusement un certain nombre d'approximations d'autant que tous ces toponymes n'existaient qu'en patois.
Un lexique permet de comprendre les mots locaux (patronymes, toponymes, mesures) et régionaux.
La table d'allivrement du compoix de la combe du Pradal a été élaboré puis validé par les contribuables. Il est à noter qu'elle est particulèrement précise puisque les habitants ont établi quatre qualités et parfois six degrés au lieu de trois habituellement.
Le choix d'une traduction (source potentielle de contresens) plutôt que d'une transcription apporte une compréhension plus aisée du texte.
Le répertoire permet l'accès à la traduction du document. Il suffit de cliquer sur le nom de la personne pour connaître ses biens et donc ses impôts.
Page éditée le 23 novembre 2018